I) Les premières analyses de la scène de crime

 

 

 

a)     Le technicien en scène de crime :

Apres avoir suivi des cours en techniques policières, passé le concours des A.S.P.T.S (Agent spécialisé de la police technique et scientifique) le technicien en scène de crime est forme au collège de police. Il possède de bonnes connaissances dans toutes les sciences judiciaires (arpentage, chimie, biologie, etc..), ce qui lui permet d’avoir une vision globale. Les techniciens sont regroupés en unités de la police technique, organisés de façon à être disponible pour intervenir sur une scène de crime 24h/24. Ne sachant pas à l’avance quels indices pourront lui être utiles, celui-ci dispose sur chaque intervention de l’ensemble du matériel nécessaire au relèvement d’indices (Prélèvement d’empreintes digitales, ou encore d’indices biologiques) rassemblé dans une mallette polyvalente à tous les types de crime.

 

b)     La protection de la scène de crime :

 

Pour que le technicien puisse effectuer les constatations et les prélèvements d’indices, la scène du crime, ainsi que le périmètre alentour doivent être protégé au plus vite d’éventuelles dégradation des indices. En effet, la scène de crime grouille souvent d’indices fragiles et masqués, qui pourront se révéler fondamentaux pour le bon déroulement de l’enquête. Pour les préserver, les techniciens vont définir un périmètre de sécurité adéquat, qui protègera les éventuelles traces (Liquide biologique –sang, sperme, salive- empreintes digitales, de pas ou de véhicule) ainsi que les éventuels indices matériels (Douille de projectile).
En plus de penser à protéger la scène du crime de la présence d’homme non qualifiés, au moyen de cordons de sécurité, il faudra penser à préserver les indices fragiles des éventuelles intempéries -qui pourrait les dégrader- si le crime s’est déroulé en extérieur.

 

 

 

 

 

 

c)     L’étude de la scène de crime et la recherche des premiers indices

La scène protégée, le technicien va ensuite procéder à «  l’état des lieux ».
Le technicien va procéder pour cela en suivant un protocole prédéfinit et relaté dans un procès verbal.
La première étape, la prise de vue, consiste à photographier la scène de crime en s’intéressant du général au particulier. (Photographiant d’ abord l’aspect extérieur des lieux –façade du bâtiment-,  puis l’endroit où se trouve le cadavre, en prenant soin de photographier également les autres pièces du bâtiment, si cela se produit en intérieur)  Les éléments « particuliers » correspondent aux traces et aux indices, dont les contours seront matérialisés à la craie, et qui seront photographiés avec à leur côté, une bande millimétré pour évaluer, sur les clichés, la taille réelle des éléments.
La deuxième étape, le levé de plan, consiste à établir un plan précis de la scène de crime.  Ce plan doit apporter toutes les informations utiles à l’étude de la scène de crime : position du cadavre, des indices apparents (les indices masqués y figureront ultérieurement), du mobilier, et renseignement sur les voies d’accès à la scène de crime. De nos jours, l’outil vidéo tends à remplacer les prises fixes, et les techniciens de la police scientifique utilisent de plus en plus  l’outil d’animation 3D, pour recréer la scène de crime, de façon virtuelle, en s’aidant de clichés vidéo et du plan établit. Ainsi, les enquêteurs se déplacent à la manière d’un jeu vidéo sur les lieux du crime. Cela permettra d’étudier de façon ludique et d’interpréter avec une logique plus précise, les indices présents sur la scène de crime.
Le technicien va également vérifier les conditions ambiantes : température, courants d’air, présence d’insectes etc.
Une foi la scène figée, le nouveau défi du spécialiste est de relever les indices à la présence insoupçonnée jusqu’alors. Ainsi, le technicien va mettre en œuvres différents moyens, pour découvrir des poils, des cheveux, des fragments d’épidermes ou encore des fibres invisibles à l’œil nu, ce sont les traces dites latentes.

 

 

d)     Les traces latentes :

Sur la scène de crime, les traces latentes sont les plus nombreuses et les plus difficiles à traiter. Ce sont par exemple des traces de pas, et des traces biologiques (Sang, sperme, sueur). Certaines, sont spécifiques d’un crime, comme la sueur, que l’on retrouvera particulièrement lors des crimes sexuels.
Ces traces sont bien souvent invisibles à la lumière directe, et le technicien en scène de crime va devoir employer plusieurs moyens pour les mettre en évidence.
Ainsi, le policier utilisera trois méthodes principales de révélation.
La première tâche consiste à examiner les objets et les surfaces de la scène de crime au moyen de méthodes optiques,  qui ont l’avantage d’être des procédés non destructifs.

 

·        La révélation optique : le technicien utilise des lumières aux différentes longueurs d’ondes, allant de l’ultra violet à l’infrarouge, qui en plus d’augmenter le contraste entre les traces latentes et le sol, vont les rendre visible par fluorescence.  C’est le cas des taches de salive ou de sperme. Le technicien utilisera également d’autres appareils, faisant appel au rayonnement laser,  à un éclairage rasant -pour révéler, par exemple, des traces de pas- ou bien à l’électricité statique qui mettrons en évidence l’éventuelle présence de poussière ou de fibres sur un vêtement.
Une liste des principaux appareils de révélation optique :

                    - Le laser à argon : Cet appareil va, révéler (selon des méthodes complexes non abordées ici) la fluorescence naturel le de certains composants contenus dans la sueur.

                    - Le Polilight : Ce projecteur lumineux émet des faisceaux lumineux de différentes longueurs d’ondes, s’étendant de l’infra rouge à l’ultraviolet. Le technicien porte alors des lunettes spécifiques qui vont permettre d’observer la mise en évidence par luminescence, des traces latentes.

 

 

 

                    - La lampe a rayonnement ultra violet : Ce procédé simple permet la mise en évidence de certaines traces souillées, telles les taches de spermes.

 

·        La révélation physique :

Le technicien va ensuite procéder à la mise en évidence des traces latentes via des moyens physique. Ces méthodes restent surtout utilisées pour révéler les empreintes digitales. Ainsi, on va faire réagir différentes substances, principalement des poudres, avec les gouttelettes de sueur qui composent l’empreinte pour la mettre en évidence. Le moyen le plus rependu est de poudrer au pinceau les surfaces lisse et sèche, qui sont potentiellement porteuse de ses traces (Porte, Table, vitre, vaisselle…).
Ainsi, on distingue plusieurs poudres, d’origines minérales ou organiques. La couleur de ces poudres sera décisive pour le choix de son emploi, car on choisira la poudre qui fera naître le plus grand contraste avec le support analyser. On trouve de nombreuses poudres révélatrice, parmi les plus utilisées : la poudre d’aluminium,  le noir animal et le rouge anglais. La réaction est immédiatement observable sous l’action de lampe a rayonnement ultraviolet, dont sont équipés les pinceaux de poudrages.

 

 

 

     Pinceau de poudrage                             Poudre noire

 

·        La révélation chimique :

La troisième méthode de recherche de traces invisibles se fait par réaction chimique.
L’utilisation de cette méthode permet de révéler des traces latentes, ou papillaires, sur des supports qui ont longtemps été inexploitables ; tels le papier, les surfaces poreuses, humides ou graisseuses.  Cependant, les unités de la police scientifique ont moins recourt à cette méthode car que ce soit en laboratoire ou sur la scène de crime, elles ne sont pas sans risques, tant pour le technicien que pour la trace elle-même. Ces produits «  magiques », sont nombreux, on trouve notamment : la ninhydrine (qui réagit avec les acides aminés présent dans les sécrétions encrines, et permet de faire apparaître les empreintes digitales colorées en pourpre), ou encore les colles cyanocryliques. On peut par exemple, révéler des traces de sang effacé, grâce au luminol, qui les fait briller.

 

 

Empreinte de pas révélée au luminol

 

e)     L’examen du cadavre :

Après avoir recherchés les traces latentes sur la scène de crime, le technicien procède à l’examen du cadavre de la victime.
En plus de fixer l’emplacement et la position précise du corps sur les lieux du crime (voir établissement du plan de la scène de crime), le technicien procède à l’examen de tout ce dont est doté le cadavre. Chaque vêtement porté est examiné minutieusement et rigoureusement décrit : aspect global, déchirure, perforation ou tâches qu’il comporte. Viens ensuite l’étude du cadavre en lui-même, durant laquelle le technicien  relève, décrit et précise la localisation de chaque blessure, leur aspect et leur dimensions/étendue sur le corps.  Plusieurs prélèvements seront  effectués au cour de l’examen. Ainsi, on prélève de façon systématique  un échantillon de la matière contenue sous les ongles de la victime pour le soumettre à diverses analyses ayant pour objectif de trouver d’éventuels fragments de peau appartenant à l’assassin dans le cas où celui-ci a lutté avec sa victime.
Notons que pour évaluer, en laboratoire, les causes du décès grâce à l’étude du corps, il faudra bien veiller a ne pas changer les conditions ambiantes – ne pas ouvrir les fenêtres par exemple- pour conserver le cadavre en son état de mort initiale.

 

 

 

 

 

 

f)     Les différentes traces et indices :

Les modes opératoires des criminels sont nombreux, ainsi, cette liste est non exhaustive mais fait état des types de traces et d’indices les plus rencontrées sur les scènes de crime.

-          Les Traces biologiques : Les traces biologiques comprennent les taches de sang (Coulure,  giclure, empreinte ou projection), ainsi que les traces de sperme et d’autres secrétions externe comme le mucus, l’urine ou la salive.
Comme énoncé plus hauts, ces traces sont difficiles à déceler, car elles sont parfois invisibles à l’œil nu (aspect incolore). De plus, elles sont parfois  vieillit, ce qui engendre que leur couleur se confond avec celle de l’objet sur lequel elles sont apposées et que leurs dimensions sont très réduites ; Dans ce type de situation, il sera nécessitera d’envoyer le support entier pour l’étudier en laboratoire (Cigarette, couteau, cagoule…).

 

-          Les débris organiques : cette catégorie d’indice constitue l’autre majeure partie des indices retrouvés sur les scènes de crime. Elle comprend tous types de poils (Cheveux, barbe, pilosité du corps et pubienne), mais également les morceaux de chaires, les fragments d’épiderme, d’os ou encore d’ongles. Ces indices sont très fragiles et nécessitent un prélèvement minutieux ; on les trouve sur les linges, les vêtements ou encore l’arme du crime.

 

-          Les matériaux indiciaires : Terre, boue, sable ….Ces éléments donne de plus amples informations sur le crime 

 

 

-          Les résidus de tir : Particules microscopiques produite et laissé sur la scène du crime lors du tir.

 

-          Les traces instrumentales : Cela regroupe toutes les traces produites par des outils ex : clôture cisaillé

 

-          Les traces pneumatiques : Les traces de véhicules divers, qui sont particulièrement utiles lorsque la victime à été déplacé puis abandonné dans un endroit isolé.

 

-          Les traces individuelles : Ce sont les traces produites par les hommes en eux même. Ex : trace de pas, griffure (en particulier les griffures d’ongles) ; et les empreintes digitales (aussi appelée empreintes papillaires).

 

-          Les armes et projectiles : Les armes blanches (couteau), les armes improvisées (Ciseaux, marteau, hache…) et les armes à feux (de poings) mais également les douilles de balles, qui permettent d’estimer la trajectoire des tires ou d’identifier le type d’arme à feu utilisée.

 

-          Les explosifs et les engins incendiaires : Poudres, pâtes, granulés ou encore du gel contenu dans des billes de plastique. Ils permettent de déterminer si un incendie est criminel ou non, et ainsi de pallier à certaines fraudes.

    - Substance chimiques inconnues : Ces substances nécessitent une analyse en laboratoire. Pour connaître leur  composition, on procède par chromatographie pour décomposer le mélange pour séparer ses constituants de base. Cela permet de déterminer la nature de l’élément chimique ainsi que ces propriétés (Explosive, inflammable, poison).

 

g)      Prélever les indices :

Une foi les indices repérés et mis en évidence, le technicien de la police scientifique doit les prélever pour qu’ils soient analysés en laboratoire. Cette procédure exige la plus grande minutie, et tout doit être fait pour préserver les traces, indices de toute dégradation, qui anéantirait la preuve. Ainsi il y aura plusieurs méthodes utilisées pour prélever un indice ; Si le support sur lequel se trouve l’indice est un support transportable, il est préférable de prélever l’objet tout entier, en appliquant toutes les mesures de sécurités nécessaires à la préservation des preuves. Pour ce faire, on prend soin de le manipuler en plaçant ses mains gantées à des endroits où il est peu probable que le criminel ai laissé des traces ; ainsi on prélève une bouteille un plaçant un doigt dans le goulot. Pour ce qui est de traces biologiques, elles sont prélevées lorsque la situation le permet au moyen d’écouvillons qui seront placés sous un étui protecteur, scellé et conditionnés à une température adéquate à leur préservation.
En revanche, lorsque le support sur lequel se trouve les traces ne peuvent être déplacé en toute sécurité pour les preuves, le technicien va user de différentes méthodes pour relever ou au mieux, prélever les indices :

-          Le relevé photographique : Utiliser pour relever des reliefs faibles, ou des traces sur des supports malléables ou fragiles (Ex : trace de pas dans la neige, trace dans la poussière)


 -   Le moulage : il permet de prélever, par reproduction, différentes traces : traces de pas, de roue.

-          Le transfert : Cette méthode est principalement utilisée pour le prélèvement des traces  papillaires. Cette méthode consiste à substituer au support initial de la trace, un support transportable appelé transfert. Ces « transferts » comportent une bande adhésive qui viendra figer/coller le dessin papillaire précédemment révélé Ainsi, les traces mises en évidence à la poudre peuvent être transférées sur un support rigide ou souple. Le choix de la couleur du support est également déterminé en fonction de la couleur de la poudre, pour faciliter l’observation ; en conséquence, les empreintes révélées à la poudre noire sont transférées sur support blanc et les empreintes révélées à la poudre blanche sur support noir.

 

                                                          Un transfert